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1er MAI : MUARA LABUH

DE SAWAHLUNTO À MUARA LABUH

Départ de l'hôtel vers 9h00. Je n'ai presque pas dormi de la nuit et ce matin, on a eu droit à la totale : les muezzins à 5h00, les cloches de l'église à 6h00 et la sirène qui appelle les travailleurs (de quoi?) à 7h00.
Les points saillants aujourd'hui : paysages magnifiques, chute en moto, maisons minangkabau, gens adorables, rouler sous la pluie battante, homestay incroyable...

Départ de Sawahlunto

Nous avons environ 150 km à faire aujourd'hui. Premier arrêt : à la station-service pour remplir nos motos et au dépanneur à côté pour remplir nos bedaines.


Nous sommes sur une belle petite route qui longe des rizières et des montagnes.


J'ai planifié un petit détour pour passer le long de deux lacs. Quelle bonne idée! Les cultures en terrasses nous rappelent Dieng et c'est juste trop magnifique! Pour arriver à ces lacs, nous devons suivre une route assez étroite incroyablement escarpée qui grimpe sur des dizaines de kilomètres à travers de jolis villages. Vraiment spécial!
Traversée du beau village de Koto Anau en allant vers le premier lac, le Danau Dibawah


Le lac Dibawah

Wow, juste trop trop beau, le lac Dibawah

Et l'émerveillement continue avec son voisin, le lac Diatas!


La route est parfois un peu endommagée (et parfois très très endommagée), mais on lui pardonne, les paysages compensent. C'est d'ailleurs sur une portion très endommagée que j'aurais mon premier "accident".

Pour éviter deux poussins suicidaires, je dois freiner et faire dévier mon scooter, déjà en position précaire à cause des trous dans la route, je mets mon pied droit par terre pour me stabiliser, mais il n'y a pas de "par terre", juste un fossé rempli d'herbes hautes dans lesquelles je bascule doucement.

Le scooter s'emballe, la poignée étant coincée à sa position maximum, j'essaie de trouver la clé pour l'arrêter, mais heureusement plusieurs sauveurs indonésiens arrivent en courant et appuient sur le bouton pour fermer le moteur (oups, c'est vrai, il n'y a pas de clé à tourner sur cet engin!). Ils m'aident ensuite à me relever de mon coussin d'herbes qui a amorti ma chute, tout va bien. Je remercie mes aides, une gentille dame s'assure de gérer la circulation des poussins et je repars...
Oups, les gros nuages noirs que l'on voyait à l'horizon depuis un certain temps sont arrivés sur nous et la pluie devient de plus en plus forte. Au plus fort, nous décidons d'arrêter pour nous abriter sous l'auvent d'un dépanneur le temps que le pire passe.


On repart!

Bon, autre gros nuage, autre pluie torrentielle, on arrête encore et, comme nous sommes devant un petit warung, on décide d'y prendre notre lunch. En entrant, Jacques vire de bord en disant "oups, c'est une maison", c'est vrai, mais elle sert aussi de warung.

On s'asseoit, on enlève nos vêtements, casques, gants détrempés, et on se commande les items les moins épicés des choix qui s'offrent à nous, soit des oeufs durs, des légumes non-identifiés du riz.

Tout ça devant les yeux très intéressés des trois enfants qui regardent Bob L'Éponge à la télé. On jase avec les proprios, ils gardent leurs petits-enfants. C'est très sympathique. 

Jacques souffle sur son oeuf pour qu'il soit moins épicé (haha, sérieux. Je pense qu'il est un peu fatigué). 

On voit la route au loin, le paysage est toujours aussi beau dans les montagnes. 

Mais les routes ne sont pas toujours belles...


Nous arrivons enfin à notre homestay, une magnifique maison minangkabau que nous partagerons seulement avec le fils de la responsable.



Ils nous ont préparé un accueil incroyable! À l'origine, nous devions coucher sur les matelas au fond de la grande salle, mais la dame nous a proposé de nous installer plutôt dans une des chambres au fond, un peu plus intime.

Nous aurons aussi une autre chambre avec une porte qui ferme pour nous changer et deux toilettes en bas (une avec une toilette turque l'autre avec un bol de toilette, mais qu'il faut flusher en vidant un seau d'eau dedans. Pas de douche, un tonneau avec de l'eau et une grosse louche pour se laver. La base, quoi. 



Nous sortons ensuite nous promener dans le village Kawasan Nagari Saribu Rumah Gadang (la ville des milles maisons minangkabau), surnommé en 2017 le village le plus populaire de Sumatra et désigné comme un héritage culturel par le gouvernement indonésien. 

Sur les 174 maisons minangkabau, 125 sont enregistrées comme héritage culturel et leur réfection et entretien sont subventionnés par le gouvernement et leurs habitants sont encouragés à les transformer en homestays pour accueillir des touristes.




Nous nous exclamons devant cette superbe maison, la dame sort et nous invite à venir la visiter et à la prendre en photo à l'intérieur aussi.


Nous jasons, elle parle un très bon anglais et l'intérieur de sa maison est superbe, elle en est très fière. Son mari aussi vient nous saluer après s'être habillé (il a été plutôt surpris de nous trouver dans son salon en sortant de la douche avec une serviette autour de la taille).


Alors que je prends en photo cette autre belle maison, une dame s'approche et nous propose de nous la faire visiter. Il s'agit en fait d'un musée.


La dame nous propose de nous asseoir sur les coussins pour une photo (elle aurait bien voulu aussi que nous mettions les chapeaux de cérémonie traditionnels, mais nous avons décliné).


Bien sûr, on fait un don en sortant. Nous continuons la balade en traversant le pont pour aller voir les rizières de l'autre côté.



Nous croisons une cérémonie de mariage (toujours impressionnant). Deux dames assises pas loin nous pressent d'aller nous y faire prendre en photo et, en l'entendant, une femme à la cérémonie se retourne, nous voit, empoigne son bébé et se dirige rapidement vers nous.


Nous nous doutons qu'elle vient nous inviter aussi nous nous sauvons comme des lâches (on est assez loin, donc on peut le faire sans paraître grossiers). Plusieurs occidentaux rencontrés nous ont raconté que cela leur était arrivé souvent d'être invités ainsi!

Nous retournons ensuite au homestay et la dame nous propose de monter sur la tour d'observation pour voir le village de haut. Adjugé! 


Nous sommes dans une vallée, entre deux chaînes de montagnes 


Le fils de notre hôtesse nous emmène ensuite en scooter (chacun notre tour, déjà qu'on n'avait pas notre équipement de protection, on n'allait pas monter à 3 sur un scooter!) à un warung situé à 2 km de là. Nous l'invitons à souper avec nous.


Les plats entre lesquels choisir sont étalés dans la vitrine, nous prenons du poulet rendang, du poulet rôti, du tofu au curry, des légumes et du riz.


Selfie obligatoire avec la cuisinière (la dame a la main sur mes fesses, deuxième selfie du genre aujourd'hui 🤔) et gros câlin ensuite.
Mise-à-jour : Jacques confirme que l'autre main de la dame était sur ses fesses aussi


Pour voir l'itinéraire détaillé ou le télécharger, cliquez ICI

POUR VOIR TOUS LES VIDÉOS DE CETTE JOURNÉE (66!), CLIQUEZ ICI

LIRE LA SUITE : LE 2 MAI, TAPAN


2 MAI : TAPAN

DE MUARA LABUH À TAPAN

Visite guidée de notre château avant que nous le quittions. Les muezzins ont été particulièrement matinaux ce matin et ont chanté et parlé pendant plus d'une heure. Jusqu'à 5 à la fois. Voir (enfin, entendre) vidéo à la fin, si je n'oublie pas de le mettre.


Petit déjeuner inclus, nos gentils hôtes nous ont proposé plein de choix de bons plats indonésiens, on a tenté faiblement de demander des oeufs, mais sans succès, ils nous ont trouvé tres drôles. Finalement, satay de poulet ce sera (brochettes). Avec des cubes de riz et de la sauce.


Selfie obligatoire à la fin du séjour avec Oky, le fils de notre hôtesse, sa petite-fille en jaune et une copine en bleu. Ce n'est qu'un des 19 selfies qui ont été pris (et ce n'est même pas une blague).


Nous partons ensuite pour notre prochaine destination, Tapan, à 171km d'ici. Une simple étape pour couper le parcours jusqu'à la prochaine ville intéressante en deux.
Départ de l'hôtel à Muara Labuh

Les travailleurs en train de séparer les plants de riz qui ont poussé en tas à partir de graines et qui doivent maintenant être séparés et replantés individuellement.


Aaaah les routes...


Ben oui, il faut mettre du jus dans ces bibittes à gaz. Et, dans le cas de ma moto, ça veut dire, enlever d'abord les bagages pour pouvoir relever le siège et accéder au bouchon du réservoir d'essence. La file est longue et hétéroclite! Et bien sûr, on est le spectacle du jour...

On arrive dans une région où la culture principale est le thé. On retrouve avec plaisir ces superbes plantations qui s'étendent à perte de vue (tout un travail ensuite pour le récolter, ouf!)




Nous retrouvons la route principale après notre trop joli détour

Premier arrêt après plus de 80 km (2h30 de route, 30km/h environ, c'est la vitesse moyenne. Quand on va à 60km, ouhh qu'on trouve qu'on va vite!), un joli café déniché d'avance, le TOP CAFE RESTO & HOMESTAY Puncak Kayu Aro.


Damn, le proprio est là, mais il nous dit d'un air désolé qu'il est fermé. Quand il voit nos têtes déçues et qu'il entend Jacques supplier "kami perlu kopi!" (on a besoin de café!), il rigole et accepte de nous en faire.



On repart ensuite et, après environ 10km, nous tournons à droite et nous nous retrouvons sur une petite route extrêmement jolie dans les montagnes, mais extrêmement endommagée. Et Google Maps agit bizarrement, nous dit de faire demi-tour, mais comme la connexion est très faible ou carrément inexistante, je ne l'écoute pas. J'aurais dû. 


Beurk!

Mais c'est quoi cette route supposément principale vers Tapan???

Une heure plus tard, on est soulagés de se retrouver enfin sur une route qui ne menace plus de casser nos motos et nos dos, mais on déchante soudainement en arrivant devant le même café que l'on a quitté il y a une heure 15. NOOOOOONN! Comment est-ce possible????


Explication plausible : on a probablement oublié d'enlever le point de référence du café sur Google Maps et celui-ci a fait son travail en nous y ramenant, par un autre chemin, joli, mais pas du tout moto-friendly. On rigole, mais un peu jaune quand même. On vient de rajouter 25 km à notre déjà trop long trajet (environ une heure de plus). Bouh. 

Bon, on reprend la route, la bonne cette fois, et on se retrouve sur une vraie belle route qui zigzague pendant 40 kilomètres dans la jungle, loin de toute civilisation (ou presque) avec seulement quelques gros singes qui nous regardent passer d'un oeil peu intéressé.

Les virages sont tellement nombreux et rapprochés qu'il est impossible de dépasser personne pendant tout le trajet. J'ai adoré. Malgré la pluie qui nous a accompagnés une bonne partie du trajet.



Jacques en est à ses dernières gouttes d'essence, mais il n'y a aucune habitation en vue pour une grande partie du trajet et c'est seulement vers la fin que nous trouvons un petit warung qui vend aussi de l'essence en bouteilles. Heureusement, nous étions tellement hauts dans les montagnes (c'était même un peu frais dans la région du thé) que la route descend pendant les 40 km dans la jungle, il aurait pu continuer sur le neutre. On en achète 2 litres, assez pour tenir jusqu'à la prochaine ville! 


Pendant une bonne partie de la route dans la jungle, nous longeons aussi une très jolie rivière.

Juste après avoir quitté la "route de la jungle", nous arrêtons à un petit dépanneur, car avec toutes ces émotions, nous avons oublié de dîner. Les tables et chaises disponibles sont occupées par un groupe, nous nous assoyons donc sur une bordure en ciment. Aussitôt, deux hommes du groupe nous apportent deux chaises et une petite table pour que l'on s'installe plus confortablement. Quand je vous dis que les Indonésiens sont incroyables!

Arrivée vers 16h30 à l'hôtel, le Homestay Emsya Family (on est partis à 8h30 ce matin, longue journée, 187 km en 6h18). L'hôtel est très joli, les enfants de la famille sont surexcités de voir des "bule" (étrangers blancs) et les adultes viennent voir de plus près ces spécimens qu'ils n'ont pas l'occasion de rencontrer souvent dans leur village, apparemment. La conversation est laborieuse évidemment, personne ne parle anglais, mais c'est très sympathique.



Notre chambre à gauche. Qui donne directement sur la rue. Très passante.

Notre chambre et son désordre (c'est un rituel en voyage)

Et la salle de bains... J'aurais bien pris un bain dans la cuve, mais ce n'est pas une bonne idée, il parait. On prend sa douche en s'aspergeant avec l'eau dans la cuve à l'aide du récipient fourni. On s'habitue, si si!


Vers 18h15, nous nous dirigeons vers un warung voisin, le Bofet Tapan, pour déguster un plat égyptien (??), du martabak (pâté à la viande) et le plat national indonésien, un nasi goreng. Miam.


Voyez-vous notre belle boucle? Imaginez notre tête quand on est repassés devant le meme café après 1h15 de route pénible...

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LIRE LA SUITE : DU 3 AU 6 MAI, SUNGAITALANG